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Balade dans notre capitale départementale: Bourg en Bresse

Par MARIE-CHRISTINE BRUYAS, publié le lundi 11 mai 2020 15:20 - Mis à jour le mercredi 13 mai 2020 18:06
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Après la présentation des merveilles naturelles de notre département, je vous invite à me suivre dans une balade liée à nos beautés patrimoniales. Aujourd'hui nous évoquerons  Bourg en Bresse, si peu connue des habitants du pays de Gex.  Cette petite préfecture de 41000 habitants est située dans la plaine bocagère de la Bresse. Il ne reste rien de la période  du Moyen Age, le château fut détruit en 1817; par contre nombre de ruelles conservent des demeures du XVI ième siècle avec des spécificités architecturales comme les encorbellements. Vous  les trouverez au cours de vos déambulations citadines dans les rues: Jules Migonny, de la République, de la rue Bourgmayer; vous découvrirez la maison de la famille Gorrevod,  ces derniers eurent un rôle important dans la cité, l'un fut le conseiller de Marguerite d'Autriche, l'autre évèque . Le XVII ième voit la création de l'Hôtel Dieu (hôpital) et de l'Hôtel des Joly de Choin( gouverneurs de la Bresse ). Au XVIII ième siècle , d'autres bâtiments émergent: l' Hôtel Marron de Meillonnas l'ancien Hôtel de ville, l'Hôtel de Bohan( ancienne préfecture de l'Ain). Au XIX, furent construits l'Hôtel de la préfecture de l'Ain et le lycée Lalande. Ce lycée est le seul établissement de France à être titulaire de la médaille de la Résistance ( 12 Janvier 1947 ) française. Beaucoup d'élèves et de professeurs de cet établissement s'élevèrent contre la tyrannie nazie et entrèrent en résistance durant la seconde guerre mondiale et le payèrent au prix de leurs vies( fusillés ou déportés ).

Mais lorsque l'on se rend à Bourg en Bresse, en venant de l'est, on ne peut manquer sur son esplanade: le monastère royal de Brou. Ce monument à la fois gothique flamboyant et renaissance est un témoignage d'amour conjugal de deux femmes: Marguerite de Bourbon et Marguerite d'Autriche. La première, grand mère du futur François Ier, fut l' épouse de Philippe, comte de Bresse. Blessé, lors d'une chasse, Marguerite fait voeu de construire un monastère si son époux survit, ce qu'il fait  mais Marguerite meurt sans avoir transformé le petit prieuré en monastère. Sa promesse  non exécutée par son époux et fils et oubliée... Philibert, fils de Marguerite, épouse la seconde Marguerite. Cette Marguerite d'Autriche n'eut guère de chance avec ses époux: le premier fut le dauphin Charles de France qui l'épousa et la répudia; puis elle fut mariée à l'héritier d' Espagne qui mourut quelques mois plus tard. Enfin, le beau Philibert fit son apparition et Marguerite put s'épanouir auprès de son beau duc mais pour quelques années car ce dernier meurt suite à un refroidissement. Marguerite devint régente des Pays Bas et de la Comté. Elle décida de réaliser le voeu de Marguerite de Bourbon et fit appel à l'architecte Van Boghem pour la réalisation du monastère. Ce bâtiment religieux fut construit en un temps record pour l'époque: 19 ans. Mais Marguerite ne verra jamais l'aboutissement de son voeu pieux, elle décédera deux ans avant la fin des travaux. Ce magnifique monastère se compose d'une église, de 3 cloîtres et ne verra jamais les outrages des guerres de religion et de la révolution française. Dans l'église se trouve les trois tombeaux en marbre de Carrare:  Philibert au centre, est entouré de ses deux Marguerite.