En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour assurer le bon fonctionnement de nos services.
En savoir plus

Découverte de notre département: ses lacs et étangs

Par MARIE-CHRISTINE BRUYAS, publié le mardi 5 mai 2020 08:46 - Mis à jour le mercredi 13 mai 2020 18:05
Les-bouchoux-Le-lac-de-genin-a-proximite.jpeg

Je ne vais pas toujours vous parler bouquins. Pour une fois, toute cette semaine, je vais jouer au guide touristique et évoquer avec vous, les beautés naturelles de notre département que nous connaissons si peu et cela  dans le rayon des 100 kilomètres. Aujourd'hui, je ne vais évoquer que  l'eau sous ses différentes formes: lacs naturels, étangs et rivières. Bien sûr, nous ne pouvons rivaliser avec le majestueux Léman ou le sublime lac d'Annecy mais nous aussi, nous  possédons nos petits bijoux. 

Le lac Genin, à mi-chemin entre Bellegarde  et Oyonnax, situé à 850 m d'altitude, d'origine naturelle, une perle ronde bleue (longueur: 318 m, largeur: 330 m, profondeur: 18 m) entourée de son écrin de verdure, constitué de prairies et de forêts. Ce site est  beau par tous les temps, toutes les saisons. L'été avec ses couleurs franches, le bleu du lac et le vert  de ses feuillus et de ses conifères tels que les sapins et épicéas qui tranchent. Il nous invite à venir pique niquer,faire la sieste à l'ombre de ces arbres, se baigner, barboter pour les plus petits ainsi que pêcher pour taquiner: tanches, carpes anguilles ou truites. L'automne, il nous enchante avec les couleurs mordorées de ses feuillus qui nous incitent à de belles balades à pied ou en vtt. L'hiver, si ce dernier est rigoureux, nous nous retrouvons dans le petit Canada du Haut Bugey, avec le lac pris dans ses glaces. Là, il  nous propose des sports de glisse tel que le patinage mais aussi le ski de fond ou de randonnée avec son ciel bleu ou bien ses brumes l'entourant de mystère. Si vous ne connaissez pas ce bijou naturel si proche de nous, je vous incite à aller le visiter et cela en toute saison.

Le lac de Sylan : autre lac du département, proche du Pays de Gex et que nous longeons à chaque fois que nous prenons l'autoroute en direction de Lyon. Celui ci est tout en longueur (2 km de long sur 300 m de large), adossé à la falaise et à 584 m d' altitude, au fond d'une cluse; les éboulements au Moyen Age ont formé un barrage naturel et les eaux du Charrix s'y sont accumulées.  Lac austère, peu ensoleillé, il invite le pêcheur à tenter d'attraper tanches et brêmes mais pourtant  Sylan eut un rôle économique important au XIX siècle et cela jusqu'en 1914. Sa position, un climat plus rigoureux à l'époque permit à un cafetier de créer des glacières en bois qui permirent d'offrir à ses clients, le glaçon bienvenu dans la boisson estivale. En 1885, il revendit l'affaire aux glacières de Paris, qui exploitèrent la glace du lac. Les glacières en bois furent remplacées par les glacières creusées dans la roche. Là était stockée la glace puis  cette dernière était exportée par train vers Lyon, Marseille, Paris et même jusqu'en Algérie faisant le bonheur des enfants mangeurs de glace et des parents consommateurs de boissons fraîches. Mais Sylan continue son rôle économique, depuis 1977, la société cristalline exploite l'eau des sources de la Doye car cette dernière est pure cela étant du à son passage dans les sables et les roches qui la filtrent naturellement. 

En continuant notre périple en direction de Lyon, un autre lac naturel s'offre à nos yeux: le lac de Nantua. C' est le dernier lac de montagne du département. Il est long de 2,5 km, large de 650 m et profond de 43 m. Il s'est lui aussi formé dans une cluse et de nombreuses sources l'alimentent dont la Neyrolle. Entouré de falaises de calcaire, son eau est d'un vert sombre. Il fut de tout temps, le vivier naturel de nourriture pour les hommes. Ces derniers depuis la préhistoire ont trouvé à se nourrir grâce à la pêche ( carpe, tanche ) et ce lac fut l'objet de disputes et de convoitises entre moines de l'abbaye et civils. Le droit de pêche y étant âprement  défendu. Le lac est désormais tourné vers le tourisme, les sports nautiques et les loisirs. Les pêcheurs du Dimanche ne s'y battent que pour sortir de ses eaux le plus beau poisson ou le plus lourd...

D'autres retenues d'eau existent dans l' Ain, il s'agit des étangs de la Dombe. Il y en plus de mille et furent crées pour la plupart par l'homme. Ces zones humides légèrement en pente servaient de réservoir à poissons. On y trouvait carpes et brochets désormais les truites y sont les bienvenues. Tous les  quatre ou cinq ans, les étangs étaient vidés et l'on récupérait le poisson, ce dernier étant souvent vendu sur Lyon. L'étang vide était semé d' avoine ou de maïs. Ce système de rotation des cultures et de  pisciculture est spécifique à cette région, Elle permettait une fertilisation des sols avec des rendements supérieurs à la moyenne et de plus, elle évitait des problèmes parasitaires, l'apprauvrissement et l'anémie des sols. Cette technique est encore utilisée et les élèves du lycée agricole de Cibeins y participent.  Le film " les enfants du marais" avec les acteurs: Dussolier, Gamblin et Villeret fut tourné dans l'un de ceux ci.

Nous avons abordé toutes les étendues d'eau sereines, nous allons passé aux principaux cours d'eau  du département  dans ce rayon de 100 kilomètres, nous n'évoqueront pas la rivière dont notre département porte le nom: L'Ain, cette dernière  étant située aux confins du département.

La plus proche de notre territoire est la Divonne, née sur les contreforts du Jura. Lorsqu'elle quitte le territoire français pour couler en Suisse voisine, elle prend le nom de Versoix, longue de 22km, elle se jette dans le Léman. Durant l'Antiquité romaine, un acqueduc fut construit  à l'emplacement du casino de Divonne pour alimenter en eau,  la ville de Nyon; au Moyen Age, ce fut au tour des moulins de s'installer sur les rives de la rivière pour fabriquer du papier. 

Une autre rivière à longer, lors de chaudes journées estivale: la Valserine. Elle naît sur les contreforts du Jura, sur le territoire de Divonne et elle serpente durant 47 km, la vallée qui porte son nom et se jette dans le Rhône à Bellegarde. Rivière tumultueuse et imprévisible, ses crues étaient redoutées des habitants de ses rives. Première rivière de France à obtenir le label" rivière sauvage", son eau est pure et les truites s'y complaisent. En vous baladant le long de ses rives en amont de Bellegarde, vous pourrez admirer les" marmites" creusées par la force de la rivière: attention danger. Cette rivière eut un rôle primordial dans l'histoire de notre région:

- Elle fut la frontière entre le royaume de France et celui de Savoie de 1601 à 1760.

- Elle fut zone franche entre la France et la Suisse de 1815 à 1923.

- Elle fut la zone de démarcation entre zone libre et zone occupée durant la seconde guerre mondiale entre 1940 et 1942.

 Le Rhône: torrent qui naît en Suisse à 2209 m d'altitude et dont le lit suit la vallée du Valais, puis s' épanche  sur les rives du Léman avant de le quitter à Genève et de poursuivre sa course entre les départements de l'Ain et la haute Savoie pour rejoindre la Méditerranée au bout de 813 km de balade.  Il serpente entre les deux départements et  nous offre la puissance de ses eaux au barrage de Génissiat qui est transformée en électricité. Construit à partir de 1937, il faut attendre 1948 pour sa mise en service car la seconde guerre mondiale est passée par là et a ralenti les travaux. Cet édifice hydroélectrique se visite et les explications données  sont instructives. sur la voûte, la route vous permet de passer d'un département à l'autre. Il poursuit son cours vers le lac du Bourget qu'il longe et auquel il est relié par le canal de Savières en Savoie. Je vous recommande de faire la visite  de ce canal avec son écluse et son charmant village de Channaz mais nous ne sommes plus dans l'Ain...